Effectivement, qui n'a jamais entendu un de ses parents dire « Demain nous sommes en grève » « Attention, il y a une grève des transports demain » ? Aujourd'hui, la grève, on en parle à toutes les sauces. Et qui n'a jamais eu le sentiment en disant « Je suis en grève » de ressembler à ses parents ?
Je dois le dire, mon IUT est en grève.
Conformément à mes opinions et à l'éducation que j'ai reçue de mes parents je me proclame en grève ! Oui, je suis contre la réforme des IUT et je suis en grève.
Je suis en grève et pourtant je suis chez moi, dans ma chambre, en Normandie.
C'est paradoxal. On peut même dire que je pratique la grève passive, la grève qui arrange, le système de grève pratiqué par tant de personnes...
J'avoue, j'en profite. Au lieu de revenir sur Paris pour effectuer ma dernière semaine de cours avant les vacances, je suis restée chez moi.
Mon IUT est en grève depuis vendredi midi jusqu'à ce soir. Elle semble même avoir été reconduite demain et jeudi. Je l'ai su avant d'allez prendre mon train. Je n'ai pas spécialement cherché à vérifier la vraisemblance de cette reconduction. J'ai juste dit « Je ne repars pas ce soir ! ». C'est lâche.
Je suis la première à répéter qu'il faut se faire grève à partir du moment où l'on sait pourquoi on la fait et que lorsque l'on s'engage à faire grève, on s'engage jusqu'au bout.
Je n'étais pas à l'assemblée générale de vendredi pour participer au vote ni même à celle d'hier et encore moins sur place pour me renseigner des événements futurs.
Je me sens quelque peu honteuse. Honteuse de ne pas être raccord avec mes propres pensées, avec mes propres lignes de conduite. Je profite de quelque chose pour lequel je ne me suis même pas exprimée...
Mais la honte n'a jamais tué personne, j'en suis la preuve. Alors je le dis haut et fort. Oui en ce moment je pratique la grève passive. Oui je profite de la grève pour ne pas venir en cours. Oui j'essaye de me renseigner pour savoir si je peux rester plus longtemps chez moi.
Mais j'ai aussi ma conscience pour moi, je sais que ce que je fais actuellement n'est pas une attitude que j'ai habituellement. Je sais que en temps normal, je suis sur les pavés, en train de défiler entre le lycée et la préfecture, entre la fac et le ministère pour crier et dénoncer se qui me déplait. Je le sais.
Alors même si ce n'est pas glorifiant, j'assume ! Cela ne m'empêche pas de m'élever contre ce qui me met en colère.


